Destination l'Amérique

Je m'appelle Benjamin. J'ai 28 ans. Je suis journaliste de presse écrite depuis cinq ans maintenant, photographe un peu aussi. En quête d'espace, d'aventure et de rencontres, je rêve d'Amérique. Le projet ? Sillonner pendant trois mois le pays en voiture, un calepin et l'appareil photo dans le sac. Je suis parti à la mi mai, je rentre à la mi août. ------------------ My name is Benjamin. I'm 28 years old. I'm a french journalist and works since five years. I write and, sometimes, take pictures. Today, I want freedom, adventure and meeting new people. I want to visit America. My project ? Find a car and drive over the country with a pen and my camera in my bag. I landed on the middle of may. I will leave on august.

Ton univers impitoy-a-bleuh...

Oui, le ranch qui a servi de décor à la célèbre série télévisée se visite. Il est un peu en dehors de la ville. Et non, je n’y suis pas allé. Il faut tout de même pas pousser ! Mais j’ai vu d’autres choses à Dallas et Fort Worth, sa voisine. Les deux villes sont toutes proches.

La rue où Kennedy a été assassiné. En fait, il n’y a rien à voir. Même pas une plaque pour marquer l'endroit précis. On m’a dit que c’était là sinon je l’aurais ratée. Moi, j’aurais bien imaginé une grande croix rouge sur la chaussée. A quelques blocs de là, il y a une espèce de bunker moche, censé commémorer ce moment historique. Assez laid. A Paris, la grosse croix dorée installée au-dessus du pont de l’Alma pour Lady Diana a bien plus de gueule.

Des chevaux ! Pour la première fois de ma vie,je suis allé sur un champ de course. J’ai parié d’ailleurs, gagné un peu et perdu un peu plus. Je me suis arrêté à 10 dollars de perte. Ca ne marche pas bien de miser sur le « physique » des chevaux : celui-là a une bonne tête, je vais miser sur lui... Le numéro 6 dans la 8ème course a eu raison de mes 5 derniers dollars et de mes rêves de richesse.

Je suis allé voir du "cutting horses", une discipline qui ne consiste pas à découper un cheval en deux. En fait, ça vient du travail dans les ranchs. Imaginez un enclos fermé avec une quarantaine de veaux. Le cavalier doit séparer un veau, désigné par un juge, du troupeau. Doucement, le cavalier et sa monture se glissent dans le troupeau, visent le veau qui fuit paisiblement le cheval jusqu’à se retrouver loin de ses compagnons. Quand il s’en rend compte, le veau n’a qu’une idée : rejoindre ses potes. Sauf qu’entre lui et le troupeau, il y a le cheval. Car c’est lui qui fait tout le boulot. A ce moment, le cavalier lâche les rênes et le cheval, aux aguets et dûment dressé pour, bouge pour toujours rester entre le veau solitaire et ses potes. C’est assez impressionnant à voir.

 

 

J’ai vu beaucoup de musées aussi. Le Nasher sculpture center de Dallas (photo d'une oeuvre ici) abrite une œuvre qui m’a beaucoup plu. Imaginez une pièce carrée de 8 mètres sur 8. Chaque mur est occupé par un banc de pierre. Une fois assis, le dos et la tête posés contre le dossier, l’inclinaison est telle que vous regardez le plafond. Au plafond, haut de 5 mètres peut-être, a été aménagé un grand carré vide par lequel vous apercevez le ciel. Ce trou est découpé de telle sorte que vous ne voyez pas l’épaisseur du toit. C’est un carré de bleu dans un cadre de gris (le plafond). Et ce bleu évolue, se macule de nuages… Le vide devient œuvre et l’œuvre en elle-même n'est qu'un cadre. Vous me suivez ? C’est très reposant et déroutant à la fois. Le Dallas museum of Art est un bazar improbable. Comme dans de nombreux musées américains (et français), on passe du coq à l’âne sans avertissement. Vous êtes dans la peinture française du XIXe, vous changez de pièce et vous voilà avec des objets traditionnels des indiens d’Amérique. La pièce d’après ? Au choix, porte de gauche : le Japon du Moyen Age. Porte de droite : une collection de chaises des années 70. La collection permanente du Kimbell Art Museum de Fort Worth est du même acabit. Sur le même mur voisinent des oeuvres italiennes du XVe, des toiles contemporaines, des oeuvres françaises du XIXe... Mais le Kimbell accueille en ce moment une exposition assez magnifique consacrée à l'impressionnisme. 95 % des toiles sont le fait de peintres français évidemment : Seurat, Manet, Monet, Gauguin, Toulouse-Lautrec, Degas et j'en oublie. A deux pas de là, je recommande le Modern Art Museum of Fort Worth. Entouré d'eau, le bâtiment est magnifique avec ses vastes espaces, son parquet, ses murs de béton et ses grandes fenêtres.  

Tous ces musées m'ont permis de me rendre compte d'un truc : je suis attiré par un art abstrait assez simple (et d'autant plus puissant selon moi). J'ai ainsi découvert trois artistes : Sean Scully , Robert Motherwell et surtout Mark Rothko. Vous tomberez sur quelques exemples de leur peinture en cliquant sur leurs noms. Ils me donnent envie de me mettre à la peinture...

 

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Publié à 09:05, le 22/07/2008, Dallas
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